
Chapelle de Condat, 33500 Libourne – 2026
S’il fallait ne trouver qu’une seule justification au chant grégorien de nos jours, ce serait celle-ci, prise dans la Constitution sur la Sainte Liturgie « Sacrosanctum Concilium » du Concile Vatican II, au n°116 : « L’Eglise reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place ».
Les méandres contemporains
Il n’y a donc aucun doute à avoir, et on devrait pouvoir s’interroger sur la non application de ce paragraphe, dont les causes ont été claires (mais non excusables) pendant les quarante ans qui ont suivi le Concile, mais qui ne le sont plus aujourd’hui. On peut parler de tous les sujets abordés par le Concile, mais celui du chant grégorien est en quelque sorte mis à l’index des paroisses.
On a parfois ergoté sur la formulation « toutes choses égales d’ailleurs » (ceteris paribus), principe fréquent à partir du Concile, qui tend à mettre obligations et dérogations sur un même pied d’égalité, ainsi, chant grégorien et chanson de variété auraient, à la messe, tous les deux la « première place ». Autant culturellement que cultuellement, ce principe ne résiste pas à la logique : ne sont ex-æquo que ceux qu’on déclare comme tels, mais en vérité il ne peut y avoir qu’une seule « première place ».
Desserrer les freins
Le latin n’est pourtant plus tenu à l’écart, beaucoup de messes chantées récemment y ont recours. Alors pourquoi ce latin-là, et pas celui du répertoire grégorien ? La réponse est simple : le premier s’applique à des répertoires de « communautés » qui prennent la place du vide culturel, au détriment du second qui, pourtant, est demandé par le Concile à toutes les paroisses et toutes les communauté : « Le trésor de la musique sacrée sera conservé et cultivé avec la plus grande sollicitude » (S.C. n° 114). On ne lit pas ici d’exceptions.
Au même n°114 ont lit également « Les Schoæ cantorum [écoles de chant] seront assidûment développées ». Sous-entendu : ce doit être à l’initiative des diocèses et, possiblement, des lieux de cultes importants. Or c’est justement au moment du Concile que les diocèses ont mit fin à cet enseignement. Mais l’idéologie du moment ayant abouti, de nos jours, à son échec, il est temps d’appliquer enfin la directive du Concile sur les « écoles de chant » selon le savoir-faire propre à l’Eglise catholique romaine.
Application
Le chant grégorien applique idéalement la distinction entre le propre (textes du jour) et l’ordinaire (Kyrie, sanctus, etc). Le propre nécessite beaucoup de temps de répétition (à moins d’être psalmodié, ce qui est admissible), aussi on commencera avantageusement par l’ordinaire. Le répertoire grégorien offre des éléments très faciles (on en chante parfois, dans les paroisses, sans même réaliser que c’est du chant grégorien !). C’est par là qu’il faut commencer.
Tout pris en compte, il apparaît évident que les sessions de chant grégorien ici proposées se placent très exactement dans la mise en application de la Constitution sur la Liturgie du Concile Vatican II.
